Porsche en pôle position
Alors que la météo est restée clémente durant les essais, la pluie
s'invite quelques minutes avant le début de course. Les Porsche
chaussées en pneus pluie prennent immédiatement l'avantage. Dès le
premier tour, Willy Mairesse quitte la piste dans les Hunaudières à
cause d'une portière mal fermée. La Ford GT40 jaune est détruite et
le pilote belge qui n'a pas attaché son harnais est grièvement
blessé.

La piste séchant, Jo Siffert resté en pneus secs prend la tête dès le quatrième tour. A la fin de la première de course, les quatre 908 possèdent déjà un tour d'avance sur leurs rivales menées par l'Alpine de Jabouille.
Le festival Porsche ne va pas durer. Auteur de la pôle position en
3'35''4, la Porsche n°31 du pilote suisse est la première à renoncer
après quatre heures à la tête de la course sur rupture d'embrayage.
![]() 24 heures du Mans 1968 - Le départ sous la pluie |
Ford en tête |
Solides leaders Bianchi/Rodriguez possèdent alors trois tours d'avance sur la Matra qui a effectué une superbe remontée, mais qui roule sans essuie-glace. Sous le déluge, Servoz Gavin décide de ramener la Matra au stand
et refuse de continuer dans ces conditions. Pescarolo relève le
défi. Après un long tour de reconnaissance, il force l'allure, cumule les
relais et tient la cadence. S'il reste dans le groupe de tête, Pescarolo ne peut toutefois pas empècher
l'Alfa 33 de
Giunti/Galli de lui ravir la seconde place à 5 heures du matin. Au lever du jour, la pluie diminue
enfin d'intensité et Servoz-Gavin reprend le volant, remonte sur l'Alfa et
la double devant les tribunes.
24 heures du Mans 1968 - Ford
GT40 #9 -
Pilotes : Pedro Rodriguez / Lucien Bianchi- 1er
Matra entre dans la
légende
Les spectateurs qui ont suivi l'épopée de la Matra à la
radio sont revenus nombreux sur le circuit et chaque passage de la
voiture bleue déclenche une folle ovation. C'est le début d'une
fabuleuse histoire d'amour entre le public et Matra. Durant la
matinée, les positions se figent. Vers midi, la Matra crève un pneu,
rentre au stand et repart. A 12 h 20, un pneu arrière éclate dans
les Hunaudières, provoquant un début d'incendie. Cette
fois, c'est abandon pour les héros du Mans.
| 24 heures du Mans 1968 - la vidéo de la course |
Et de trois pour Ford
En tête, avec sept tours d'avance, Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi poursuivent leur ronde sans soucis et passent la ligne en vainqueurs devant la Porsche 907 de Spoerry/Steinemann et la 908 de Stommelen/Neerspach, revenue de très loin, qui a fini par déborder la vaillante Alfa 33 de Giunti/Galli. En vingt-quatre heures, Porsche a tout perdu, la course et le titre mondial ainsi que ses illusions sur la formule prototype qu'elle a tant souhaité. Ford de son côté hérite de façon heureuse d'un troisième succès au Mans et d'une nouvelle couronne mondiale dont tout le mérite revient à John Wyer.