

La Maserati 151 en tête au début des 24 heures du Mans 1963
Maserati fait illusion
Meilleur temps aux essais, Pedro Rodriguez est rapidement débordé par la grosse Maserati pilotée par Simon/Casner. Elle prend la tête de la course, pour la conserver durant 14 boucles. A la suite de quoi, elle ne quittera pas le peloton de tête, reprenant parfois le commandement au fil des ravitaillements. Mais vers 19 heures, le rêve se termine sur un bris de boîte de vitesses. Après un court intérim de Parkes/Maglioli, Surtees/Mairesse s'installent pour longtemps au commandement devant Scarfiotti/Bandini.
Rien ne semble vouloir venir troubler la quiétude des Ferrari d'autant que derrière c'est l'hécatombe. Un accident sera hélas fatal à Bino Heins, jeune pilote brésilien d’une Alpine, nouvelle venue dans la Sarthe. Vers 21 heures, l’Aston-Martin de Bruce McLaren répand son huile sur la ligne droite des Hunaudières provoquant les sorties de route de Salvadori (Jaguar E) et Manzon (René Bonnet). Lorsque "Bino" surgit, la piste est encombrée de débris et la piste souillée d'huile. l’Alpine tente de s'infiltrer par la gauche, mais le pilote en perd le contrôle et va heurter un poteau télégraphique. La voiture s’embrase et se retourne, et on ne pourra en extraire son malheureux pilote.
24 heures du Mans 1963 - Ferrari 250P #21 - Pilotes : Ludovico Scarfiotti / Lorenzo Bandini- 1er
Des abandons en série
Une série d'incidents et de casses mécaniques réduisent les effectifs de moitié avant minuit ! Après 9 heures de course, le public manceau perd son chouchou, le flamboyant mexicain Pedro Rodriguez. Son coéquipier Roger Penske abandonne sur sortie de route consécutive à la rupture d’une canalisation d’huile. La remontée de l'Aston-Martin de Schlesser/Kimberley jusqu'à la 3e place entretient un semblant de suspense pendant la nuit, mais peu après 3 heures, elle doit renoncer (moteur cassé). Il faut attendre le milieu de matinée pour enregistrer un nouveau rebondissement. Après un ravitaillement, la 250P des leaders s'enflamme à l'entrée du Tertre Rouge. Brûlé au bras Mairesse finit sa course dans les fascines et laisse le commandement à Bandini/Scarfiotti, alors solides seconds. Possédant une belle avance sur leurs poursuivants, les deux hommes rallient victorieusement l'arrivée avec 215,390 km d'avance.
24 heures du Mans 1963 - MG B #31 - 12ème et dernière classée
Six Ferrari aux six premières places
Ferrari s'impose aussi en GT grâce à la GTO de "Beurlys"/Langlois, qui devance d'un cheveu la 250P de Parkes/Maglioli. Ferrari domine totalement la course et obtient les six premières places.
La première des "autres" est la Cobra n°3 de Bolton/Sanderson, qui préfigure ainsi l'implication de Ford dans le championnat du monde des courses d'endurance. Participant "hors classement", la Rover-BRM à turbine de Graham Hill et Richie Ginther, a tourné comme une horloge et termine virtuellement à la 7ème place juste derrière les Ferrari.
| 24 heures du Mans 1963 - la vidéo de la course |
La première victoire du moteur arrière
La Ferrari de tête, également victorieuse à l'indice de performance, a battu le record de distance, dépassé la barre des 4500 km et celle des 190 km/h de moyenne. C'est également la première victoire au Mans d'une voiture à moteur arrière et celle d'un équipage 100% italien. La seule voiture française rescapée, la René Bonnet de Beltoise/Bobrowski termine 11ème et enlève l'indice énergétique.